Quels scénarios pour la fin de la bulle ?
Les spéculateurs de l’AI montrent des signes d’essoufflement, bien que le krach soit prévu pour l’année prochaine. Pour l’éviter – ou le gérer – le pouvoir politique devra choisir entre différents scénarios.
Les géants de l'IA nous assomment de nouvelles plus gargantuesque les unes que les autres. Un jour, leurs outils ont commis un crime informatique. Un autre, ils développent des laboratoires biochimiques. Ou des réacteurs nucléaires. C'est lassant et effrayant à la fois.
Gargant'IA donne le contexte nécessaire pour ne pas tomber dans l'impression d'impuissance. À partir de travaux universitaires, je montre que les déclarations tonitruantes qui nous assourdissent s'inscrivent dans une histoire longue de plusieurs siècles.
S'informer intelligemment sur l'IA, c'est encore possible. C'est même nécessaire pour lutter contre les récits prométhéens que l'on tente de nous imposer.
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Nicolas Kayser-Bril est journaliste spécialisé dans l'IA depuis plus de six ans. Il a été responsable des enquêtes pour l'ONG AlgorithmWatch de 2019 à 2026 et a publié dans Le Monde, Der Spiegel ou The Guardian. Son travail de journaliste a été récompensé par le prestigieux European Press Prize en 2015. Il est par ailleurs docteur en anthropologie et vit à Berlin.
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Les spéculateurs de l’AI montrent des signes d’essoufflement, bien que le krach soit prévu pour l’année prochaine. Pour l’éviter – ou le gérer – le pouvoir politique devra choisir entre différents scénarios.
Les étudiant·es accusé·es d’avoir utilisé l’IA contestent parfois leur sanction au tribunal. L’analyse de onze affaires montre que les juges n’ont pas, eux non plus, de moyen infaillible pour déterminer si un texte a été écrit par un humain ou par une machine.
Les administré·es utilisent de plus en plus l’IA dans leur correspondance avec les administrations, qui ne peuvent pas suivre le rythme. Cette crise va bien au-delà des services du courrier et remet en cause un des fondements de l’État moderne.
Les algorithmes des réseaux sociaux mettent en avant les émotions fortes, y compris la tristesse. Des petits escrocs génèrent des vidéos à la volée pour apitoyer les internautes et leur refourguer de la camelote.
J’ai réalisé une série d’expériences qui montrent qu’un modèle d’IA largement utilisé dans la vidéosurveillance a de sérieux problèmes avec les femmes, les personnes racisées… et les barbus.
Les barons de l’IA correspondent en de nombreux points aux charlatans du 18e siècle. Avec une différence de taille : cette fois, ils ont le soutien des pouvoirs publics.
Depuis quelques mois, le géant étasunien de l’exploitation des bases de données n’a plus la cote. Mais les entreprises qui lui succèdent continuent le projet de Palantir : créer un « système d’exploitation » pour l’État, opaque et anti-démocratique.
C’est l’une des peurs les plus répandues, et à juste titre : l’IA pourrait nous prendre notre travail. Mais poser le problème en ces termes, c’est déjà faire un cadeau aux barons de Big Tech. La réalité est à la fois moins alarmiste, et plus grave.
Depuis une dizaine d’années, la peur des robots-tueurs agite le débat public. Sans nier la dangerosité des drones armés, le potentiel le plus meurtrier de l’IA est ailleurs.
Les administrations européennes commencent tout juste à développer des tests rigoureux pour vérifier que les modèles de langage sont adaptés à leurs besoins. Mais l’étalonnage, seul, ne permet pas toujours le meilleur choix.
Les assureurs ne savent pas comment mesurer les risques inhérents aux systèmes d’IA. Les régulateurs non plus. Pour les assuré·es, la couverture pourrait se réduire considérablement.
J’ai demandé à quatre modèles d’IA où habitaient les Français les plus compétents. Leurs réponses concordent et renforcent les clichés les plus éculés.