TikTok, c'est de la télé

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L'expérience. Des universitaires en sciences de la communication ont interviewé dix personnes, entre 18 et 31 ans, qui utilisent régulièrement TikTok. Les participant·es ont également fourni leurs données d'utilisation.

Les résultats. TikTok, c'est de la télé, concluent les universitaires. Les participant·es n'utilisent quasiment jamais les fonctionnalités de partage ou de like, préférant zapper (ou scroller) les vidéos qui ne les intéressent pas immédiatement. Ils et elles attendent l'excitation promise par TikTok. Laisser ses ami·es ou ses préférences influencer l'algorithme mettrait en péril cette promesse – la passivité est volontaire.

Pourquoi c'est important. On peut débattre de l'équation TikTok = télé dans la mesure où l'app consomme ses utilisateurs autant que l'inverse. Mais à l'heure où les régulateurs imposent aux plateformes de proposer un flux non-algorithmique (aux États-Unis, en Australie – c'est déjà le cas en Europe), les utilisateurs rejettent cette solution. L'idée de forcer les apps à offrir d'autres algorithmes de flux semble plus pertinente. On pourrait par exemple choisir un flux « avec un algorithme programmé par Arte », comme le proposait Marc Faddoul, directeur d'AI Forensics, l'année dernière à la commission parlementaire sur TikTok (p. 118).

Carlos Entrena-Serrano et al., “In a way, I want TikTok to tell me what I want. . .” Users’ experience of TikTok as a televisual algorithmic flow. New Media & Society, 12 sept. (en anglais)