Incompétence présumée
L'expérience. Trois universitaires ont voulu savoir pourquoi, au sein d'une grande entreprise chinoise, les informaticiennes utilisaient beaucoup moins l'IA que leurs collègues masculins. Elles et il ont demandé à plus de 1000 ingénieur·es de la firme d'évaluer le même bloc de code informatique. Ce code était présenté de quatre manières: écrit par un homme (avec ou sans IA) ou par une femme (avec ou sans IA également).
Les résultats. Le code prétendument écrit avec l'aide d'une IA est toujours considéré comme moins bon (noté 6,2/10, contre 6,8/10 pour celui prétendument d'origine humaine). Mais le code rédigé par une femme avec une IA est encore beaucoup moins considéré. Il obtient en moyenne 5,8/10, contre 6,6/10 pour les hommes. Dans une autre expérience, les universitaires ont demandé aux ingénieur·es comment leur utilisation de l'IA était perçue par leur chef. Les femmes ont largement répondu que la conséquence serait négative. En d'autres termes, elles ont bien conscience des préjugés qui les frappent.
Pourquoi c'est important. Un homme qui utilise l'IA est vu comme un innovateur. Une femme qui fait la même chose est une incompétente ou une tricheuse. (Une autre étude, malheureusement moins scientifique, a obtenu des résultats similaires.) Tout le monde le sait et l'intègre dans son calcul, ce qui explique pourquoi les femmes – on pourrait probablement en dire autant des personnes racisées – utilisent moins l'IA.
Phyliss Jia Gai et al., Competence Penalty Is a Barrier to the Adoption of New Technology. pre-print, 14 sept. (en anglais)